Cisjordanie occupée et Jérusalem-Est : une pression israélienne qui s’intensifie
© Getty ImagesL’armée israélienne a démoli 25 bâtiments dans le camp de réfugiés de Nur Shams, déplaçant des dizaines de familles. L'opération s’inscrit dans une vaste offensive dans le nord de la Cisjordanie occupée, déjà marquée par des déplacements massifs. À Jérusalem-Est, les incursions répétées de colons à la mosquée al-Aqsa accentuent un climat intenable.
Des bulldozers de l’armée israélienne ont entamé la démolition de 25 bâtiments résidentiels dans le camp de réfugiés palestiniens de Nur Shams, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Les immeubles visés, qui abritaient près d’une centaine de familles, ont été éventrés à l’aube par des engins lourds, dans un nuage de poussière.
L’armée a justifié l’opération par un « besoin opérationnel clair et nécessaire », affirmant agir dans le cadre d’activités continues de « contre-terrorisme » visant des groupes armés actifs dans des zones civiles densément peuplées.
Le camp de Nur Shams, situé près de Tulkarem, est l’un des trois camps ciblés par l’opération israélienne « Mur de Fer », lancée le 21 janvier dernier, aux côtés de ceux de Tulkarem et de Jénine. Selon l’armée, ces zones du nord de la Cisjordanie occupée, que les autorités israéliennes désignent comme le nord de la « Samarie », seraient devenues des foyers majeurs d’activités armées, avec la découverte régulière d’armes, de munitions et d’engins explosifs.
Depuis le début de cette vaste offensive, des dizaines de milliers de Palestiniens ont été déplacés, accentuant une crise humanitaire déjà aiguë.
Des colons sans limite
Créés après la guerre de 1948 pour accueillir les Palestiniens ayant fui ou été expulsés lors de la création d’Israël, les camps de réfugiés sont devenus, au fil des décennies, des quartiers urbains densément peuplés. Le statut de réfugié s’y transmet de génération en génération, faisant de ces camps un symbole central de la question palestinienne.
Pour de nombreux habitants, la destruction répétée d’habitations s’inscrit dans une stratégie visant à effacer l’identité même des camps, en les intégrant de force aux villes voisines et en marginalisant la revendication du droit au retour.
Parallèlement, les tensions se sont également ravivées à Jérusalem-Est occupée. Selon l’agence de presse palestinienne WAFA, quelque 524 colons israéliens se sont introduits dans le complexe de la mosquée al-Aqsa, sous la protection des forces israéliennes. Le gouvernorat de Jérusalem a dénoncé des visites « provocatrices » accompagnées de rituels talmudiques.
Troisième lieu saint de l’islam et symbole majeur de l’identité nationale palestinienne, l’esplanade est régulièrement le théâtre d’incursions de colons, malgré l’interdiction faite aux non-musulmans d’y prier. En août dernier déjà, le ministre israélien d’extrême droite Itamar Ben-Gvir y avait mené une démonstration de force. Entre démolitions en Cisjordanie occupée et tensions religieuses à Jérusalem, la situation apparaît plus que jamais explosive.