Taxe-mania française : le Parti socialiste veut taxer les flux de données Internet
© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ruDans son programme pour la présidentielle de 2027, le Parti socialiste propose de taxer les flux de données distribués en France à hauteur de 10 centimes par gigaoctet, afin de «financer l’infrastructure réseau». Une mesure visant officiellement les grandes plateformes, mais qui suscite déjà de vives critiques.
Après la taxe sur le streaming musical et celle sur les services d’accès aux contenus audiovisuels à la demande, bientôt une taxe sur les flux de données ? Dans son programme pour la présidentielle de 2027, le Parti socialiste (PS) propose d’instaurer une taxation des données numériques distribuées sur le territoire français, au taux de 0,10 euro par gigaoctet, afin de « financer l’infrastructure du réseau utilisé par les plateformes » dans un pays qui cumule les retards en matière de numérique.
La mesure vise officiellement les grandes plateformes américaines. Selon l’Arcep, cinq acteurs — Netflix, Akamai, Google, Meta et Amazon — concentrent 47 % du trafic entrant sur les réseaux des principaux fournisseurs d’accès à Internet en France. Le PS souhaite donc les faire contribuer davantage au financement des infrastructures, tout en confiant au régulateur un rôle de garde-fou pour éviter une répercussion directe sur les factures des particuliers.
Mais le dispositif soulève déjà de nombreuses critiques. Dans la pratique, cette taxe pourrait représenter 1,40 euro pour le visionnage d’un film de deux heures en Ultra HD, ou encore 10 euros pour le téléchargement d’un jeu moyen, vulgarise le site Les Numériques, à l’heure où le géant japonais Sony a récemment annoncé arrêter la production de supports physiques pour ses jeux en 2028.
Une mesure « appelée à être débattue »
Autre problème, comme l’a souligné le site « Frandroid », ce dossier de taxer les géants américains du Web « a été clos au niveau européen : l’accord commercial UE, États-Unis d’août 2025 ne l’écarte, l’Union s’engageant à ne pas instaurer de "frais d’utilisation du réseau" ».
Cette idée, qui a trouvé peu d’écho dans les grands médias — bien que notamment repérée par un journaliste de BFMTV —, n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux où nombre d’internautes ont redoublé d’inventivité pour affubler le PS de noms d’oiseaux. « Là, on tient, à mon avis, une des idées les plus co**es », a réagi le youtubeur Lusty, se présentant comme un électeur de longue date du PS. « Est-ce que ces gens s’intéressent aux nouvelles technologies ? », s’est-il interrogé, jugeant la mesure « sclérosée dans le passé ».
Invité à réagir, le député socialiste Jérôme Guedj a tenté de temporiser. « La mesure va être questionnée, elle va être débattue », a-t-il assuré, rappelant que le programme du PS constitue pour l’heure une « boîte à outils » en vue de la présidentielle de 2027.