Crise du détroit d’Ormuz : en France, Lecornu écarte toute «baisse généralisée de la fiscalité» sur les carburants
© Adnan Farzat/NurPhoto Source: Gettyimages.ruJugé trop coûteux pour les finances, le Premier ministre français a annoncé ce 21 mai qu’il n’y aurait pas d’abaissement des taxes sur les carburants, comme réclamé par l’opposition. Un «soutien» de 1,2 milliard, à destination des travailleurs et des entreprises, dont 710 millions «d’aides nouvelles», a également été annoncé.
« On n'a pas d'autre choix que d'accélérer l'électrification de notre économie. Les hydrocarbures, c'est une laisse », a déclaré ce 21 mai Sébastien Lecornu lors d’une conférence de presse depuis Matignon… plus d’un demi-siècle après le premier choc pétrolier et le coup d’envoi du « plan Messmer ».
Celui-ci a fait part de l’« obsession » de son gouvernement quant au fait « que le pays doit tourner », dressant un parallèle avec la crise du Covid où « le pays était à l’arrêt et il fallait le soutenir avec des transferts financiers importants » et d’évoquer certaines professions, notamment les pêcheurs qui sont frappés de plein fouet par la flambée du carburant.
Ainsi, le chef du gouvernement français a assuré qu’il n’allait «pas changer de stratégie» et d’évoquer un « ciblage important » sur ceux « qui travaillent » et « soutiennent l’activité du pays ».
À ses côtés, le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a annoncé que le « soutien » aux « travailleurs et entreprises qui en ont le plus besoin » allait être porté « à hauteur » de 1,2 milliard d’euros, dont «470 millions d’euros d’ores et déjà annoncés » et 710 millions d’euros « d’aides nouvelles ».
Flambée des prix à la pompe : « la guerre ne crée aucun surplus » budgétaire, affirme Amiel
Parmi ces dernières figure le doublement du plafond de la prime carburant employeur, qui devrait passer de 300 à 600 euros afin de « donner la liberté aux entreprises de soutenir leurs salariés ». Par ailleurs, les critères d'attribution de cette prime vont également être supprimés, notamment en ce qui concerne « les contraintes de cumul avec les autres primes », a précisé David Amiel.
Ce dernier a par ailleurs affirmé que « la guerre ne crée aucun surplus » budgétaire pour les caisses de l’État. « Entre le 1ᵉʳ mars et le 20 mai [...] on a une augmentation de 10 millions d'euros de recettes liées aux carburants », par rapport à la même période en 2025, a-t-il ajouté, en référence à la forte fiscalité en vigueur sur les carburants.
Sur ce front, Sébastien Lecornu a rejeté toute « baisse généralisée de la fiscalité » sur les carburants, insistant sur la stratégie d’un soutien « ciblé et temporaire ». L’abaissement de la fiscalité, notamment de la TVA, sur les carburants est une mesure défendue par des députés d’opposition. Une mesure jugée, par l’exécutif, trop coûteuse pour les finances publiques.
Toujours en matière fiscale, l’actuel Premier ministre a assuré qu’il n’y aurait « pas de proposition d'augmentation d'impôts » dans le Projet de loi de finances pour 2027, dernier budget soumis à examen avant l’élection présidentielle.