Bruno Le Maire alerte sur le déclin européen… après sept ans à Bercy
© Getty Images Source: Gettyimages.ruInvité sur BFMTV le 20 mai, Bruno Le Maire a dénoncé les «lourdeurs» européennes et le risque de voir l’Europe devenir une «colonie numérique». L’ancien ministre de l’Économie plaide pour une «révolution idéologique» tout en alertant sur les tensions au Moyen-Orient.
Bruno Le Maire a une nouvelle fois sonné l’alarme sur la situation économique et industrielle de la France et de l’Europe. Sur BFMTV ce 20 mai, l’ancien locataire de Bercy a dressé un constat sévère, tout en se posant en visionnaire après avoir lui-même traîné ses guêtres pendant sept années comme ministre de l’Économie d’Emmanuel Macron.
« Nous faisons tout pour torpiller les technologies françaises et européennes, en ne prenant pas les risques nécessaires », a lancé l’ancien ministre sur le ton d’un expert en la matière, reprenant les critiques formulées récemment par le patron de Mistral AI, Arthur Mensch.
Selon lui, le modèle actuel est « fini » et l’Europe doit engager une « véritable révolution idéologique » : préférence européenne dans les marchés publics, dette commune pour financer les investissements stratégiques et règles du jeu identiques à celles des Américains et des Chinois.
L’ancien ministre, qui a lui-même rejoint un cabinet américain, a également mis en garde contre un « risque de choc économique et financier majeur » si la crise persiste autour du détroit d’Ormuz, avec des hausses des prix du pétrole et de l’alimentation pouvant mener à une crise alimentaire.
"Il faut assumer une vraie préférence européenne", estime l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire pic.twitter.com/ezTQBsdhSd
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Ces alertes répétées ont de quoi surprendre. Pendant sept ans à la tête de Bercy (2017-2024), Bruno Le Maire a supervisé une explosion de la dette publique de près de 900 milliards d’euros, un déficit chronique et une fiscalité parmi les plus lourdes d’Europe.
De nombreuses critiques portent sur son bilan : des « années Bruno » marquées par une gestion jugée dispendieuse, malgré les créations d’emplois qu’il revendique.
Interrogé sur son bilan, le principal intéressé dit assumer la dette creusée lorsqu’il était au gouvernement, sans autre forme d’explication.
Bruno Le Maire: "J'assume toutes mes responsabilités sur la dette" pic.twitter.com/Y2F3GHy1mk
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L’homme qui avait affirmé qu’il allait provoquer l’effondrement de l’économie russe au début de l'opération militaire spéciale en Ukraine revient aujourd’hui en donneur de leçons sur la compétitivité européenne. Un positionnement qui peine à convaincre une partie de l’opinion.
Sur les réseaux, les réactions sont souvent mordantes. Le compte du syndicaliste mélenchoniste « Marcel » déplore : « La boussole intellectuelle de ce pays est tellement flinguée qu’on nous inflige les pensées de Bruno Le Maire tous les trois jours comme si ça avait un intérêt quelconque. Pauvre France. »
La boussole intellectuelle de ce pays est tellement flinguée qu’on nous inflige les pensées de Bruno Le Maire tous les 3 jours comme si ça avait un intérêt quelconque
— Marcel (@realmarcel1) May 20, 2026
Pauvre France pic.twitter.com/5TXuL1gZq2
D’autres moquent « le gus qui a coulé la France et part vivre en Suisse » ou reprennent la formule « rends l’argent ».
Pour beaucoup, ses appels à une refondation sonnent comme un aveu tardif d’échecs accumulés, alors que l’Europe peine effectivement à rivaliser avec les États-Unis et la Chine dans les technologies d’avenir. Pour Bruno Le Maire, ces déclarations lui permettent de montrer qu’il existe toujours après son retour raté au gouvernement.