Crise automobile en France : la Cour des comptes critique les aides publiques

Crise automobile en France : la Cour des comptes critique les aides publiques© largus.fr
Une Renault 5 électrique sur une chaîne de montage. [Photo d'illustration]
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Malgré 18 milliards d’euros injectés depuis 2018, la filière automobile française continue de s’enfoncer, alerte la Cour des comptes dans un rapport sévère. Entre empilement de dispositifs, pilotage éclaté et ciblage défaillant, les soutiens publics peinent à enrayer le déclin de la production et la transition électrique.

Dans un contexte de chute des ventes de véhicules neufs (1,6 million en 2025 contre 2,2 millions en 2019) et de recul historique de la production nationale (–59 % entre 2000 et 2024), la Cour des comptes a publié début avril 2026 un rapport dans lequel elle dénonce une stratégie publique coûteuse et peu efficace, dans un contexte déjà délicat pour l’industrie automobile française.

Saisie par le président de la commission des finances du Sénat, la Cour des comptes a scruté les aides à la demande (bonus écologique, prime à la conversion, leasing social) et à l’offre (subventions, France 2030). Près de 9,4 milliards d’euros ont bénéficié à 2,4 millions de particuliers, auxquels s’ajoutent plus de 8 milliards pour les entreprises.

Pourtant, les résultats restent décevants : les immatriculations de véhicules électriques stagnent, l’objectif de 2 millions d’unités produites en France d’ici 2030 est loin d’être atteint (seulement 180 000 en 2024) et la cible de 40 % d’électriques dans les flottes d’entreprises en 2027 « ne sera vraisemblablement pas atteinte », selon Carine Camby, présidente de la première chambre.

Un empilement de dispositifs sans stratégie claire

La Cour dénonce un « empilement de dispositifs au pilotage éclaté », marqué par un manque de cohérence entre politique industrielle et transition écologique. Les aides à l’achat, souvent complexes et peu prévisibles, profitent encore largement aux ménages les plus aisés : en 2024, 56 % des véhicules électriques subventionnés et 33 % des montants ont bénéficié aux déciles de revenus 6 à 10. De plus, une part importante des aides a soutenu des modèles produits à l’étranger, limitant leur impact sur l’emploi en France (330 000 salariés, dont 40 000 postes menacés).

Le soutien à la filière électrique est largement critiqué et semble surtout profiter aux plus riches, comme le dénoncent des internautes sur le réseau social X après les déclarations de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Cette dernière défendait début avril « un grand plan de leasing social pour que tout le monde ait des voitures électriques » pour faire face à la hausse des prix du carburant. Un contrat de leasing coûtant plusieurs centaines d’euros par mois, il est tout bonnement inaccessible pour une majorité de Français.

La rapporteure sénatoriale Christine Lavarde a insisté sur la nécessité de recentrer les dispositifs sur les ménages modestes et la classe moyenne, d’abaisser le plafond de prix des véhicules éligibles et de renforcer l’évaluation des aides dès 2026. Face à la concurrence chinoise et au déficit commercial record (–22,5 milliards d’euros en 2024), la filière attend désormais une véritable stratégie nationale et européenne.

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