François Villeroy de Galhau démissionne de son poste de gouverneur de la Banque de France avant la fin de son mandat

François Villeroy de Galhau démissionne de son poste de gouverneur de la Banque de France avant la fin de son mandat Source: Gettyimages.ru
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France
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Le gouverneur de la Banque de France a annoncé sa démission : il quittera ses fonctions en juin 2026, avant la fin prévue de son mandat, fixé à 2027. Après plus d’une décennie à la tête de l’institution monétaire, il se tournera vers le secteur social en prenant la direction de la Fondation Apprentis d’Auteuil, spécialisée dans l’aide à l’enfance.

C’est par une lettre adressée à ses agents que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a annoncé sa décision de quitter ses fonctions en juin 2026, mettant fin à un mandat entamé en novembre 2015. L’annonce a surpris, puisqu’elle intervient plus d’un an avant l’échéance officielle de son second mandat, prévue pour fin 2027.

Le gouverneur affirme avoir pris cette décision « en toute indépendance personnelle », après en avoir informé le président Emmanuel Macron, le gouvernement, ainsi que la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. Cette dernière a salué ce qu’elle a présenté comme « le réalisme allié à la vision européenne », une ligne régulièrement défendue au sein de la BCE, malgré ses résultats contestés.

Âgé de 66 ans, ancien cadre dirigeant de BNP Paribas, François Villeroy de Galhau s’éloigne ainsi de la sphère monétaire à un moment où les tensions économiques françaises restent vives. Il prendra la présidence de la Fondation Apprentis d’Auteuil, une structure engagée dans la protection de l’enfance, forte de 8 000 salariés et de plus de 400 établissements. Ce choix intervient alors qu’il n’a cessé, ces derniers mois, de lancer des alertes sur les risques budgétaires pesant sur la stabilité du pays.

Une gouvernance marquée par la rigueur et les signaux d’alarme

À la tête de la Banque de France depuis plus de dix ans, François Villeroy de Galhau a traversé plusieurs périodes critiques : la crise du Covid-19, l’inflation post-pandémie, la guerre en Ukraine, mais surtout l’aggravation continue de la dette publique française. Dans sa lettre aux agents, il écrit : « Nous avons transformé cette grande institution publique (…) même si j’en mesure bien sûr les limites. »

Ces « limites », il les a lui-même dénoncées à plusieurs reprises dans les médias. En octobre dernier, il avertissait que la France était « menacée d’un étouffement progressif » du fait de l’explosion du coût de la dette, passée de 30 à plus de 100 milliards d’euros par an. Selon lui, ce poids financier compromet d’autres priorités, comme la transition énergétique ou le financement des armées.

Il a par ailleurs dénoncé l’illusion d’un État pouvant continuer à dépenser sans limite, appelant à dire « la vérité » aux Français sur la gravité de la situation. Le déficit public, qui atteignait encore 5,4 % du PIB en 2025, est selon lui trop élevé pour 2026, exposant le pays à des risques croissants sur les marchés financiers. Le maintien sous surveillance négative par Moody’s confirme, selon lui, le diagnostic partagé par plusieurs agences.

Une succession incertaine dans un climat d’instabilité

Sa démission intervient alors que les tensions budgétaires et politiques s’aggravent. Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron en juin 2024, la France traverse une crise institutionnelle sans précédent. Dans ce contexte, la question de sa succession se pose avec acuité.

Deux noms circulent dans les milieux gouvernementaux : Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence, et Emmanuel Moulin, secrétaire général de l’Élysée, dont la nomination nécessiterait un vote parlementaire.

e ministre de l’Économie Roland Lescure a salué publiquement le parcours de François Villeroy de Galhau, évoquant son « engagement et son sens du service ». Mais ce discours officiel contraste avec une réalité moins maîtrisée : celle d’un appareil d’État confronté à une perte de contrôle budgétaire, à une inflation réglementaire et à des niveaux d’endettement jugés dangereux, y compris par ses propres hauts fonctionnaires.

Le gouverneur conclut : « Il me semble qu’à un peu plus d’un an de la fin de mon second mandat, j’aurai accompli l’essentiel de ma mission. » Une sortie volontaire, mais qui s’inscrit dans un climat de défiance croissante envers les autorités économiques françaises et européennes.

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