Budget 2026 : Moody’s doute du redressement promis par le gouvernement français

Budget 2026 : Moody’s doute du redressement promis par le gouvernement français Source: Gettyimages.ru
Le logo de Moody's photographié sur le siège social de l'entreprise à Manhattan, New York.
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Moody’s remet en cause la trajectoire budgétaire affichée par le gouvernement français pour 2026. Elle anticipe un déficit public de 5,2 % du PIB, au-delà de l’objectif officiel de 5 %, pointant des recettes incertaines, des dépenses difficiles à contenir et un contexte politique instable qui fragilise la crédibilité financière de la France.

Alors que Paris affirme vouloir ramener son déficit public à 5 % du PIB d’ici 2026, l’agence de notation américaine Moody’s a jeté un froid en anticipant un chiffre plus élevé : 5,2 %. Cette estimation, publiée le 26 janvier, traduit un manque de crédibilité croissant de l’exécutif français sur la scène économique internationale.

Selon Moody’s, « l’objectif de déficit de 5,0 % est légèrement inférieur à notre prévision d’un déficit atteignant 5,2 % en 2026. (...) La réduction du déficit reposera essentiellement sur une augmentation des recettes ». L’agence souligne également que les dépenses publiques « devraient augmenter dans une mesure supérieure à celle prévue dans le projet de loi de finances du gouvernement, même si leur taux de croissance réelle devrait s’avérer légèrement inférieur à celui du PIB en 2026 ».

Derrière un écart budgétaire en apparence technique se dessine une tendance plus profonde : l’affaiblissement durable de la capacité de l’État français à agir efficacement. Moody’s, qui maintient la note de la dette souveraine française à Aa3 avec une « perspective négative », pointe clairement un système politique paralysé et peu propice aux décisions responsables.

Des reculs budgétaires révélateurs

Privé de majorité parlementaire, le gouvernement de Sébastien Lecornu a dû une fois de plus imposer le budget 2026 par la force de l’article 49.3. Ce passage en force illustre l’isolement croissant du pouvoir en place, désormais incapable de faire voter un texte budgétaire sans le vider de sa substance.

Les principales sources de recettes fiscales ont été abandonnées en cours de route : le gel du barème de l’impôt sur le revenu, celui de la CSG sur les revenus de remplacement, et la réforme de l’abattement fiscal pour les retraités. Des mesures jugées politiquement risquées, mais nécessaires à une gestion rigoureuse – ce que le pouvoir n’a pas su assumer.

Même constat du côté des dépenses : la réduction prévue de la prime d’activité a été remplacée par une hausse de 50 euros par mois pour les foyers modestes. Ces concessions sapent toute stratégie de redressement crédible. À ce stade, les annonces officielles semblent surtout destinées à calmer une opinion publique fatiguée, plutôt qu’à redresser une économie affaiblie.

Un contexte électoral sous haute tension

À l’approche du budget 2027, la situation ne fait que se tendre. Moody’s alerte sur le risque d’un blocage politique généralisé, alors que le prochain scrutin présidentiel approche à grands pas. « Ce qui risque de durcir les positions de négociation des partis et de compliquer davantage l’obtention d’un accord entre les blocs ».

Les économistes eux-mêmes s’accordent à dire que l’objectif annoncé est incertain. Certains, comme Anthony Morlet-Lavidalie, le qualifient de « réaliste », tout en reconnaissant qu’il repose sur une croissance fragile et des hypothèses favorables. D’autres, comme François Écalle, n’y croient pas : pour lui, un retour à 3 % de déficit en 2029 est illusoire. Interrogé par France Info, il se dit « très pessimiste », citant notamment la désorganisation politique chronique du pays.

Dans ce climat, la France peine à maintenir une ligne cohérente. Entre déficit incontrôlé, dette sous pression et institutions désavouées, le pays semble dériver, de plus en plus dépendant des ajustements imposés par ses créanciers et de moins en moins souverain sur ses choix économiques.

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