Kenya : un accord sur les minerais critiques en préparation avec les États-Unis
© Ludovic Marin Source: APLe Kenya est sur le point de conclure un accord stratégique avec les États-Unis sur les minerais critiques, incluant leur transformation sur le sol kényan, a déclaré le président William Ruto en marge du sommet du G7. Un partenariat présenté comme un tournant dans les relations Afrique–Occident.
Le Kenya est en phase finale de négociations avec les États-Unis pour un accord portant sur les minerais critiques, incluant les terres rares et d’autres ressources stratégiques, a indiqué, le 18 juin, le président William Ruto.
S’exprimant en marge du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le chef de l’État kényan a affirmé que cet accord prévoit non seulement l’exploitation, mais surtout la transformation des ressources minières sur le territoire kényan.
« Nous avons convenu que les minerais seraient transformés au Kenya », a déclaré William Ruto, ajoutant que les discussions engagées avec les dirigeants du G7, dont le président américain Donald Trump, avaient permis de rapprocher les positions des deux parties. Selon lui, Washington se dit favorable à un partenariat jugé « mutuellement bénéfique ».
Cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large portée par plusieurs pays africains, qui cherchent à rompre avec le modèle traditionnel d’exportation de matières premières brutes. L’objectif est de capter davantage de valeur ajoutée sur le continent à travers la transformation locale des ressources.
Le Kenya dispose notamment de réserves encore largement inexploitées de niobium, de lithium, de graphite, de cuivre et de nickel, des minerais devenus stratégiques dans le contexte de la transition énergétique mondiale et de la compétition accrue entre les États-Unis et la Chine pour leur accès.
William Ruto a souligné que l’Afrique ne souhaitait plus entretenir des relations économiques fondées sur l’extraction brute ou l’aide au développement, mais sur des investissements productifs et la création d’emplois.
« Nous allons rejeter toute relation basée sur l’extraction de nos ressources naturelles », a-t-il affirmé, appelant à un modèle reposant sur le développement industriel et le partage des bénéfices.
Le président kényan a également insisté sur la volonté de son pays et d’autres États africains de diversifier leurs partenariats, sans s’aligner exclusivement sur Washington ou Pékin, dans un contexte de rivalité stratégique entre les deux puissances.