Algérie–France : Tebboune hausse le ton sur fond de crise diplomatique

Algérie–France : Tebboune hausse le ton sur fond de crise diplomatique© RS
Le président algérien lors d'une entrevue périodique avec les médias algériens diffusée le 7 février par la télévision algérienne.
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Le président Abdelmadjid Tebboune a évoqué, le 7 février, les tensions persistantes entre Alger et Paris, dénonçant des pressions économiques et rappelant la position de l’Algérie sur plusieurs dossiers sensibles. Sans citer directement la France, il a multiplié les messages fermes sur la souveraineté nationale et les relations bilatérales.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé le 7 février sur l’état des relations entre l’Algérie et la France, marquées par une crise persistante depuis l’été 2024. Lors de son entretien périodique avec les médias nationaux, diffusé sur la télévision publique, le chef de l’État a adopté un ton ferme, tout en évitant de répondre directement à certaines questions liées à Paris.

Interrogé notamment sur la visite fin janvier à Alger de l’ancienne ministre française et présidente de l’association France-Algérie, Ségolène Royal, le président a préféré rester mesuré. Il a salué « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise », estimant qu’elle était « la bienvenue » en Algérie, sans s’étendre davantage sur les relations politiques avec la France.

Tebboune accuse Paris de bloquer les négociations avec l'UE

Au-delà de cette réponse prudente, Abdelmadjid Tebboune a toutefois adressé plusieurs messages indirects à Paris, en évoquant des tensions économiques avec certains partenaires européens. Il a accusé un pays, sans le nommer explicitement, d’entraver les discussions entre l’Algérie et l’Union européenne et de mener une forme de « guerre » économique, notamment autour des exportations d’acier algérien vers le marché européen.

Le président a souligné que les quotas trimestriels accordés à l’Algérie pour l’exportation de rond à béton vers l’Union européenne sont rapidement atteints, alors que la majorité des importations algériennes proviennent d’Europe. Dans ce contexte, il a rappelé la demande d’Alger de renégocier l’accord d’association avec l’UE, évoquant l’existence d’un « consensus, moins un », en allusion à un pays opposé à cette démarche.

Pour illustrer ses propos, Abdelmadjid Tebboune a évoqué des précédents historiques, notamment l’embargo français sur le vin algérien après l’indépendance. Selon lui, cette décision avait contraint l’Algérie à arracher ses vignobles et à les remplacer par d’autres cultures. Il a estimé que certaines attitudes relevaient de pressions visant à faire regretter au pays son indépendance.

« Celui qui veut humilier l’Algérie n’est pas encore né »

Sur le plan sécuritaire et migratoire, le président algérien a également abordé la question des obligations de quitter le territoire français (OQTF). Il a réaffirmé que leur gestion relevait des pays d’accueil, tout en insistant sur la nécessité de respecter les droits des ressortissants algériens concernés. Selon lui, toute procédure d’expulsion doit se faire dans le respect des accords bilatéraux et des démarches consulaires prévues.

Abdelmadjid Tebboune a justifié le refus passé d’accueillir certains ressortissants frappés d’OQTF, évoquant des méthodes qu’il juge contraires aux engagements convenus entre les deux pays. « Celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né », a-t-il déclaré, affirmant sa volonté de défendre la dignité et les droits des Algériens à l’étranger.

Dans ce contexte de relations tendues, il a néanmoins adopté un ton plus conciliant concernant un éventuel déplacement en Algérie du ministre français de l’Intérieur, estimant que cette visite « le concernait » et ajoutant qu’il serait « le bienvenu » s’il décidait de se rendre dans le pays.

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