Le 22 juin 1941, l’armée allemande et leurs Alliés attaquaient l’Union soviétique, sans déclaration de guerre. Malgré la victoire militaire de 1945, selon Karine Bechet, la Russie est confrontée aujourd’hui au même danger existentiel, avec la résurgence d’un revanchisme atlantiste aux relents néonazis.
Le 22 juin, la Russie commémore ses morts et ses héros de la Seconde Guerre mondiale, appelée Grande Guerre patriotique. Le 22 juin 1941, les pays de l’Axe agressaient l’URSS, provoquant le soulèvement de tout un peuple et les armées nazies se sont battues non seulement contre l’Armée rouge, mais aussi contre les citoyens, organisant un véritable génocide. Près de 27 millions de morts dans l’Union soviétique, dont près de 14 millions de civils. Comme on peut le lire dans les sources officielles, « Parmi eux, 7 420 400 ont été tués intentionnellement, 2 164 300 sont morts du travail forcé en Allemagne et 4 100 000 sont morts de faim, de maladie et de manque de soins médicaux ».
Le plan « Ost » prévoyait par ailleurs l’organisation de Kommandature sur le sol soviétique et notamment l’élimination pure et simple, au mieux la déportation en Sibérie, d’une grande partie des Slaves, considérés comme des sous-hommes. Rappelons-en les grandes lignes : « Le Plan général Ost, élaboré avant même l'agression, prévoyait la création de Reichskommissariats dans les territoires occupés : « Ostland » (pays baltes et Biélorussie), « Ukraine », « Caucase » et « Moscovie » – soit la majeure partie de la Russie européenne. Dans ces territoires, il était prévu non seulement un pillage total, mais aussi l'extermination de la majorité de la population. Selon diverses estimations, 50 % des Lettons et des Estoniens, 85 % des Biélorusses, 80 % des Russes et 75 % des Ukrainiens devaient être exterminés ou déportés en Sibérie. Les survivants devaient être réduits en esclavage pour l'Allemagne ».
Les nazis avaient besoin des terres et des ressources, pas des hommes.
Rien n’a changé.
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, la dénazification fut réalisée de manière très « créative » par les Occidentaux. En résultat de quoi, une bonne partie de ces nazis fut évacuée vers l’Amérique du Sud, les États-Unis et le Canada. Le but était simple : la guerre n’était pas terminée, la guerre idéologique. Et les libéraux avaient parfaitement compris l’utilité des nazis contre les communistes, qu’ils détestaient profondément, notamment en raison de la défaite de l’Allemagne.
Ils furent immédiatement utilisés dans le cadre de la Guerre froide, utilisés pour « écrire » l’histoire de la Seconde Guerre mondiale du côté des libéraux, utilisés pour façonner et s’implanter dans les institutions internationales, qui découlèrent de cette guerre, pour orienter la construction européenne.
En Occident, il est commun de considérer que le nazisme a disparu à la fin de cette guerre. C’est commode, particulièrement confortable. On tourne la page et on oublie ce qui dérange. Il a disparu, c’est vrai, dans sa dimension institutionnelle, étatiste, reconnue et affirmée. Mais il n’a pas disparu comme idée, comme mouvement.
D’une certaine manière, le nazisme a fini par remporter la paix en Occident.
Nous le voyons triomphant en Ukraine ou dans les pays Baltes. Et il ne se cache plus. Ainsi, en dehors des marches en l’honneur des collaborateurs SS dans ces pays, la Lituanie travaille sur le long terme, elle veut reconfigurer l’esprit des jeunes – qui sont les futurs adultes. Les auteurs d’un manuel scolaire ont ainsi qualifié les nazis de « libérateurs », écrivant : « Les habitants ont accueilli les soldats allemands entrant en Lituanie avec des fleurs ». Et pour qu’il n’y ait aucun doute, le jour de la Victoire est appelé Jour de l’occupation.
Ces gens ont manifestement été « libérés » d’eux-mêmes, de leur humanité, par les nazis. Et ils ne pardonneront jamais à l’Armée rouge d’y avoir mis un terme.
La guerre, qui se déroule aujourd’hui sur le front ukrainien, n’y est pas étrangère. Les populations russes en Ukraine n’intéressent pas les Atlantistes. Ils ont besoin des terres et des ressources, pas des hommes. Surtout de « sous-hommes ». La systématicité des attentats contre les Russes, tout d’abord dans l’Est de l’Ukraine à partir de 2014, puis sur le territoire russe, de plus en plus en profondeur, ressort de la même logique de haine, de cette volonté d’une destruction physique des Slaves.
Ce processus de destruction a commencé bien avant 2014. Le Maïdan globaliste, puis l’Opération militaire spéciale russe qui en a suivi, ne sont que des conséquences d’un long et patient travail de reformatage des sociétés. Il existe plusieurs manières de détruire un peuple, l’amener à se renier est certainement l’une des plus efficaces en temps de paix.
Dans ce combat sur le front ukrainien, la Russie est conduite à se battre contre les élites globalistes, comme l’a souligné avec beaucoup de justesse le président Poutine. Cette fois encore, les Européens ont fait le choix de la collaboration, ici l’histoire se répète. Les Américains semblent avoir été, eux, dominés par leurs instruments et dirigent cette marche funèbre.
Funèbre, pour les peuples, qui s’entretuent. Funèbre, pour la civilisation occidentale qui disparaît. Funèbre, pour les États occupés par des élites cyniques. Et surtout funèbre pour les hommes, pris en otage par leurs élites.
La guerre sur le front ukrainien ne concerne in fine pas uniquement la Russie. C’est le combat de tous les peuples, de toutes les élites, de tous les États, de tous les hommes, qui veulent retrouver leur dignité, leur souveraineté, leur liberté, leur culture, leur être.
En ce jour de mémoire, souvenons-nous de ceux qui se sont levés contre le joug de l’oppresseur, de ceux qui ont refusé de détourner le regard, de ceux qui ont su rester des Hommes au pire moment de la barbarie. Ils sont un exemple pour nous tous aujourd’hui. Ne les trahissons pas. Ne nous trahissons pas.
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