Quel rôle pour l’Europe dans le monde d’aujourd’hui ?

Quel rôle pour l’Europe dans le monde d’aujourd’hui ?
Quel rôle pour l’Europe dans le monde d’aujourd’hui ? [image d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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Avec un quart du XXIe siècle déjà écoulé, l’Europe fait face à une interrogation fondamentale : quelle place peut-elle encore occuper dans un monde désormais multipolaire ? L’analyste Ali Amine Iounes propose une lecture critique de ce basculement et interroge les choix stratégiques du continent.

Au fil de l’évolution des civilisations, l’Europe était depuis toujours l’épine centrale et le théâtre des grands bouleversements géopolitiques. Aujourd’hui, au quart du XXIᵉ siècle, nous assistons à la décennie la plus importante de notre ère. Les événements en cours marqueront l’histoire à jamais.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les vainqueurs se sont réunis à Téhéran pour formaliser le sommet de Yalta définissant le cadre du monde d’après-guerre. Deux superpuissances émergentes, aux idéologies opposées : l’URSS communiste et les États-Unis libéraux. Après plus de 40 ans de guerre froide, la victoire des États-Unis sur l’URSS a positionné Washington comme modèle unique du nouveau monde, promouvant ainsi un système de gouvernance capitaliste-libéral-démocratique, basé principalement sur l’ouverture et la mondialisation.

Ce système né de la guerre froide n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, nous constatons clairement que de nouvelles puissances mondiales comme l’Inde, la Chine et la Russie peinent à se repositionner sur la scène internationale, en proposant des alternatives au modèle américain. Dans ce bouleversement géopolitique, nous commençons à remarquer le rôle de chaque acteur se préciser.

Ce qui est certain, c’est que l’ordre mondial d’après-guerre froide s’éteint graduellement, ouvrant la voie à un nouveau chapitre de l’histoire de l’humanité, cédant ainsi place à un monde multipolaire dirigé par une poignée de puissances mondiales et régionales.

Mais à quel prix ?

Crise conjoncturelle : vers un monde multipolaire

Au fil du temps, l’histoire démontre qu’un ordre mondial prend environ 50 ans avant de s’épuiser, puis d’être remplacé. La multipolarité semble inévitable et théoriquement avantageuse pour les générations futures. Lorsque le pouvoir central est partagé entre différentes puissances concurrentielles, où chacune propose sa vision la mieux vendue, cela constitue un système de concurrence plus équilibré, plus juste et équitable.

Tout comme en économie ou en commerce, la diversité des acteurs favorise la concurrence, et un marché juste et équilibré. En politique, avoir le choix de s’aligner sur des systèmes de gouvernance alternatifs renforce la démocratie et la justice dans le monde. Ce qui est contraire à l’hégémonie qui favorise la loi du plus fort, par la force, le pouvoir ou la supériorité économique ou militaire.

Face aux altérations économiques provoquées par les nouvelles taxes américaines, le Royaume-Uni reconnaît la fin de la mondialisation. Londres prévoit des réformes pour relancer la croissance et assume le retour du nationalisme. Le monde change, la globalisation touche à sa fin, une nouvelle ère se dessine sous nos yeux.

Prospective stratégique : l’Europe au carrefour de la souveraineté

En Europe, l’enjeu est crucial, l’UE devrait encourager des gouvernements travaillistes plus actifs et réformistes, centrés sur l’intérêt national plutôt que sur l’alignement partisan. L’évolution de cette culture politique peut apporter des réponses créatrices.

Préserver la souveraineté politique, économique et militaire impose un choix complexe et décisif : continuer à s’aligner sur Washington pour une protection relative, ou tracer une voie autonome, au risque de frustrer nos alliés traditionnels. Cela impose de repenser la gouvernance stratégique et de dialoguer avec les puissances aux systèmes opposés.

Si la compréhension de l’ordre actuel est erronée et que l’analyse reposait sur une erreur fondamentale, une projection sur le long terme serait quasiment improbable. Ne pas comprendre le présent, c’est aussi se tromper sur le passé et se priver de l’avenir.

Il est essentiel de comprendre que la gouvernance globale de l’administration Biden s’est avérée contre-productive à la fois pour l’Ukraine et pour l’Europe dans son intégralité. Non seulement le pays a perdu 20 % de son territoire, mais il a aussi sacrifié sa souveraineté économique et politique au profit des Américains afin de préserver son statut d’État indépendant.

Cependant, l’administration Trump prend le relais pour désengager les États-Unis, militairement et financièrement, de ce conflit frontal à risque.

En Europe, il paraît plus acceptable d’aller plus loin que de revenir sur ses pas. Revenir semble plus lointain que de continuer.

Même après une trêve négociée, la crise russo-ukrainienne constituera pendant encore longtemps une menace aiguë pour l’ensemble de la sécurité européenne. Vraisemblablement susceptible de s’enliser, comme à l’époque de la guerre froide, les négociations seront longues, tendues, farceuses et vulnérables.

Si la Russie l’emporte, l’Europe en supportera les conséquences ; les États-Unis s’en sortiront, avec une Russie relativement fragilisée sur le plan militaire et économique, tandis que l’Europe se retrouvera plus faible et dépendante que jamais.

L’Europe se trouve aujourd’hui à un carrefour historique : continuer à s’abriter derrière l’ombre protectrice, ou assumer une voie propre et souveraine dans un monde multipolaire incertain. De cette décision, l’Europe déterminera non seulement son rôle dans les décennies à venir, mais aussi sa capacité à redevenir un acteur central, plutôt qu’un simple spectateur dépendant.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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