Sud-Liban : une guerre d’usure s’installe entre Israël et le Hezbollah
Source: Gettyimages.ruIsraël intensifie ses frappes pour établir une zone tampon au Liban-Sud. Le Hezbollah adopte une stratégie décentralisée, maintenant un haut niveau d’attaques. Le conflit s’enlise dans une guerre d’usure aux lourdes conséquences humaines.
Les combats se sont intensifiés au Liban-Sud, notamment autour du village de Debel, confirmant l’enlisement d’un conflit qui dure depuis plus de trois semaines. Le cessez-le-feu fragile qui prévalait depuis plus d’un an apparaît désormais définitivement enterré, tandis qu’Israël poursuit son objectif d’établir une zone tampon en territoire libanais.
L’armée israélienne cherche à repousser le Hezbollah en déplaçant sa ligne de défense jusqu’au fleuve Litani. Des bombardements massifs ont visé plus d’une vingtaine de localités, accompagnés de destructions d’infrastructures clés, notamment les ponts reliant le sud au reste du pays. Sur le terrain, des tentatives d’avancée terrestre sont signalées, bien que certaines restent difficiles à confirmer.
Nouvelle stratégie du Hezbollah
Face à cette pression, le Hezbollah a intensifié ses opérations, revendiquant un nombre record d’attaques en une seule journée. Le mouvement s’appuie désormais sur une organisation décentralisée, composée de petites cellules autonomes de 10 à 15 combattants. Cette structure lui permet de maintenir un rythme élevé d’actions, plus de 40 attaques quotidiennes, tout en limitant sa vulnérabilité au renseignement israélien, notamment grâce à l’usage de messagers humains.
Les combats les plus violents se concentrent autour de Taybé, Kaouzah et Khiam, où le Hezbollah a recours à un arsenal varié : roquettes Katioucha, missiles antichars Kornet et Grad, mais aussi des systèmes plus avancés comme les Almas 2 et 3, capables de percer les blindages des nouveaux chars Merkava israéliens. Plusieurs blindés israéliens auraient ainsi été pris pour cible, tandis que des hélicoptères d’évacuation ont dû se replier sous le feu.
Le bilan humain continue de s’alourdir, avec plus de mille morts recensés au Liban. Les frappes touchent également des civils et des secouristes, suscitant des accusations de violations du droit international. Malgré l’intensité des bombardements, certaines localités comme Debel restent habitées, leurs résidents vivant sous une menace constante.
Dans ce contexte, la stratégie israélienne d’occupation partielle se heurte à une résistance désormais flexible et difficile à neutraliser. Loin d’un affrontement rapide, le conflit s’installe dans une logique d’usure, où chaque camp teste ses capacités dans la durée.