UE : la droite européenne s’unit pour durcir les expulsions de migrants irréguliers

UE : la droite européenne s’unit pour durcir les expulsions de migrants irréguliers© Capture d'écran @fxbellamy
François-Xavier Bellamy, le 9 mars au Parlement européen. [Photo d’illustration]
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Les eurodéputés ont validé un règlement renforçant les expulsions des clandestins grâce à une coalition des droites. Ce texte permet la création de «centres de retour» hors des frontières de l’UE et allonge les durées de détention jusqu’à vingt-quatre mois, visant à restaurer l’autorité et à mieux contrôler les flux migratoires irréguliers.

C’est un tournant dans la politique migratoire européenne qui a été pris en commission des libertés publiques le 9 mars. L’ensemble des partis de droite européens ont voté ensemble sur un texte concernant les clandestins. Les voix du Parti populaire européen (PPE) et des groupes patriotes se sont unies pour défendre un règlement qui complète le pacte asile et migration de 2024, en facilitant les reconduites à la frontière dans un contexte de rejet de l’immigration par de nombreux pays membres.

François-Xavier Bellamy, eurodéputé PPE, a salué cette avancée : « Après des mois de négociations, ce vote va nous permettre de reprendre le contrôle sur la politique migratoire, afin de faire en sorte que ceux qui sont irrégulièrement sur le sol de nos pays soient enfin reconduits. » Pour lui, ce n’est pas un simple texte, mais « la condition pour rétablir l’autorité du droit ».

Ce compromis, plus ferme que celui initialement proposé, encourage les départs volontaires tout en prévoyant des mesures dissuasives pour les récalcitrants, comme des interdictions d’entrée prolongées jusqu’à dix ans, voire plus en cas de risques sécuritaires.

Plusieurs États, dont l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Grèce, ont déjà annoncé leur intention de créer ces « centres de retour » externes, une solution innovante pour dissuader les refus de retour et optimiser les ressources. Comme l’explique un diplomate favorable : « Pendant des années, nous avons bataillé pour imposer ces idées dans le débat public, puis nous avons travaillé pour faire évoluer la législation. Désormais, il faut démontrer que cela peut fonctionner. »

Sur les réseaux sociaux, soutiens et opposants au texte s’écharpent. Fabrice Leggeri, eurodéputé et ancien directeur de Frontex, a écrit : « Nous vous l’avions promis, nous l’avons fait ! Au Parlement européen, nous reprenons dès maintenant le contrôle de la politique migratoire de l’Union européenne. Et en 2027, nous l’appliquerons pleinement en France ! »

De leur côté, les organisations de défense des migrants se sont vivement opposées au texte. La Gisti a ainsi dénoncé un règlement autorisant « les perquisitions à domicile, la police dans les services publics et le profilage racial ».

RÈGLEMENT RETOUR : NON À UNE LOI EUROPÉENNE QUI AUTORISE LES PERQUISITIONS À DOMICILE, LA POLICE DANS LES SERVICES PUBLICS ET LE PROFILAGE RACIAL [Action collective] → www.gisti.org/7685 Dans ce communiqué conjoint initié par le réseau Picum et co-signé par Migreurop, dont le Gisti est membre…

— Le Gisti (@legisti.bsky.social) 25 février 2026 à 13:31

Face à un taux d’expulsion actuel oscillant entre 20 et 30 %, le commissaire Magnus Brunner a qualifié le règlement de « ferme, mais juste », privilégiant l’efficacité sans compromettre les principes essentiels. Alors que les entrées irrégulières ont chuté de 25 % en 2025, cette mesure vise à renforcer la dissuasion tout en ouvrant des voies légales contrôlées, en partenariat avec des pays tiers via une aide bilatérale et des permis de travail pour mettre fin aux milliers de morts sur la frontière euro-africaine.

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