Lord Peter Mandelson : des liens compromettants avec Jeffrey Epstein secouent le pouvoir britannique

Lord Peter Mandelson : des liens compromettants avec Jeffrey Epstein secouent le pouvoir britannique Source: AP
Le Premier ministre britannique Keir Starmer aux côtés de l'ancien ambassadeur britannique aux États-Unis et figure historique du parti travailliste, Peter Mandelson
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L’ancien ministre travailliste Peter Mandelson est au cœur d’un scandale national depuis la révélation de ses relations profondes avec Jeffrey Epstein. Accusé d’avoir transmis des informations confidentielles et bénéficié de fonds suspects, il fragilise jusqu’au Premier ministre Keir Starmer, dont la responsabilité politique est désormais engagée.

Le Royaume-Uni est secoué par une crise politique majeure depuis la publication, fin janvier, de nouveaux fichiers sur l’affaire Epstein par le ministère américain de la Justice. Le nom de Lord Peter Mandelson, ex-ministre du Commerce et ancien ambassadeur à Washington, y apparaît plus de 5 600 fois. Ces documents confirment une relation étroite avec Jeffrey Epstein, mais surtout révèlent des échanges sensibles.

Lord Peter Mandelson : des liens compromettants avec Jeffrey Epstein secouent le pouvoir britannique
Lord Peter Mandelson : des liens compromettants avec Jeffrey Epstein secouent le pouvoir britannique

En mai 2010, Mandelson écrit à Epstein : « Cela sera annoncé ce soir », en réponse à une allusion à un plan européen de 500 milliards d’euros. Le plan sera rendu public le lendemain. En décembre 2009, à propos de contacts entre JPMorgan et le ministre britannique des Finances, il recommande de « le menacer légèrement ». Ces extraits proviennent d’une série de messages rendus publics par la justice américaine.

Les documents montrent aussi la transmission d’une note stratégique destinée au Premier ministre britannique, dans laquelle Mandelson recommandait de vendre des actifs publics. À cette période, il occupait un poste clé dans le gouvernement Brown. Mandelson aurait également partagé avec Epstein des réflexions sur des réformes économiques à appliquer en Ukraine.

Des e-mails montrent un ton personnel, parfois suggestif. Une photo publiée par le DOJ montre Mandelson vêtu d’un slip, debout à côté d’une femme en peignoir. Interrogé par la BBC, il affirme « ne pas se souvenir du contexte » de l’image, et avance qu’« étant gay », Epstein l’aurait « tenu à l’écart de sa sexualité ».

Lord Peter Mandelson : des liens compromettants avec Jeffrey Epstein secouent le pouvoir britannique

Réseaux d’influence et transactions financières

Ces révélations s’ajoutent à une longue série d’initiatives privées de Mandelson. Dès 2010, il sollicitait Epstein pour l’aider à obtenir des postes dans des groupes comme Glencore ou BP, se présentant comme un conseiller stratégique disposant d’un accès direct aux cercles du pouvoir. Il misait notamment sur ses liens avec le financier Nat Rothschild pour étendre son influence.

Sur le plan financier, trois virements de 25 000 dollars ont été identifiés, effectués en 2003 et 2004, vers un compte Barclays au nom de Reinaldo Avila da Silva, partenaire de Mandelson. Le nom de Mandelson y apparaît comme « BEN » (bénéficiaire). L’ancien ministre a nié toute connaissance de ces paiements et dit n’avoir « aucun souvenir ni trace de ces fonds ».

Nommé ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis en décembre 2024, il est limogé en septembre 2025, soit après seulement sept mois. Il quitte le Parti travailliste le 2 février 2026, suivi de sa démission de la Chambre des Lords (chambre haute du parlement britannique) deux jours plus tard. La police londonienne a ouvert une enquête pour divulgation d’informations confidentielles et abus de fonction. Gordon Brown, ancien Premier ministre, a dénoncé un « acte inexcusable et antipatriotique ».

Starmer sous pression, le pouvoir vacille

Keir Starmer est aujourd’hui au centre de la tourmente. C’est lui qui a nommé Mandelson ambassadeur malgré ses antécédents. Devant la Chambre des communes, le Premier ministre a reconnu : « Il a menti à plusieurs reprises à mon équipe […] Je regrette de l’avoir nommé. »

Mais cette posture défensive peine à convaincre son propre camp. L’opposition et plusieurs députés travaillistes, comme Angela Rayner et Barry Gardiner, l’accusent de manque de discernement, voire de complicité tacite. Le chef de cabinet Morgan McSweeney, décrit par les médias locaux comme un « ancien protégé de Mandelson », est lui aussi ciblé.

La Chambre exige désormais la publication de tous les échanges internes liés à la nomination de Mandelson. Toutefois, Scotland Yard a demandé de suspendre temporairement cette publication pour ne pas nuire à l’enquête en cours. Ces échanges pourraient impliquer d’autres personnalités de haut rang au sein du gouvernement.

Alors que Starmer s’accroche à son poste, une partie de sa majorité juge déjà son avenir compromis. Ce scandale, qui mêle pouvoir, argent, réseaux transatlantiques et compromissions, rappelle à quel point les élites occidentales sont vulnérables à leur propre corruption. La prétendue moralité des institutions britanniques en sort profondément écornée.

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