Froid extrême et stocks en baisse : les prix du gaz flambent en Europe
Source: Gettyimages.ruLes prix du gaz en Europe ont fortement augmenté ces derniers jours sous l’effet du froid exceptionnel et de la hausse rapide de la demande. Le niveau des stocks a reculé de manière significative, alimentant les inquiétudes quant à l’approvisionnement et à la capacité de reconstitution des réserves pour la prochaine saison.
Les prix du gaz en Europe sont en forte hausse depuis plus d’une semaine. En quelques jours, les cotations ont progressé de 33 %, dont près de 30 % depuis le début de la semaine. Une telle dynamique pourrait faire de la période actuelle la semaine la plus marquante en termes de croissance depuis plus de deux ans, une situation inédite depuis l’automne 2023.
Cette flambée s’expliquerait d’abord par des conditions météorologiques froides sur une large partie du continent, selon Bloomberg. La baisse brutale des températures a entraîné une augmentation de la demande de chauffage, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. En conséquence, les retraits de gaz dans les stocks européens se sont accélérés, faisant chuter leur niveau de remplissage à moins de 52 %.
En outre, une configuration atmosphérique rare pourrait provoquer une nouvelle vague de froid de grande ampleur à la fin du mois de janvier. Ce phénomène modifierait les flux de vents et faciliterait l’arrivée d’air glacial depuis l’est du continent, affectant principalement l’Europe orientale. Un tel scénario risquerait de soutenir encore la hausse des prix du gaz.
La situation est d’autant plus sensible que ce refroidissement pourrait coïncider avec des baisses de température simultanées en Asie, en Amérique du Nord et au Canada, accentuant la concurrence mondiale pour le gaz naturel liquéfié.
En France, la mise à l’arrêt de certains réacteurs nucléaires en début de semaine a également contribué à renforcer la dépendance au gaz, ajoutant une pression supplémentaire sur le marché. À cela s’ajoutent des inquiétudes géopolitiques, notamment liées à un risque d’interruption des flux de gaz iranien transitant vers la Turquie, dans un climat de tensions internes.
Selon les données sectorielles, les stocks de gaz de l’Union européenne n’étaient remplis qu’à 51,9 % à la mi-janvier, soit un niveau nettement inférieur à celui observé un an plus tôt. Cette diminution rapide des réserves alimente les craintes quant à la capacité de l’Europe à reconstituer des stocks suffisants pour la prochaine saison, dans un environnement déjà marqué par une forte volatilité des prix.