Reza Pahlavi, l’éternel coqueluche occidentale face à la République islamique
© Getty ImagesReza Pahlavi est de nouveau mis en avant en Occident comme alternative au gouvernement iranien, avec le soutien visible de Washington et d’Israël. Son image est amplifiée par les médias occidentaux et des réseaux pro-israéliens, malgré une faible légitimité interne. L’héritage autoritaire du chah et de la Savak continue de peser sur sa crédibilité.
Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, est depuis plus de quarante ans une figure récurrente des scénarios occidentaux de « transition » à Téhéran. Installé aux États-Unis, régulièrement reçu dans des cercles politiques à Washington et en Israël, il est souvent présenté par certains responsables et médias occidentaux comme une alternative crédible à la République islamique, malgré l'absence d'ancrage politique réel à l'intérieur du pays.
Ses prises de position, très alignées sur les intérêts stratégiques américains et israéliens, lui valent un soutien visible dans ces capitales, ainsi qu'une exposition médiatique disproportionnée au regard de son poids effectif en Iran.
Soutenu par des bots israéliens
Lors des vagues de contestation iraniennes, Reza Pahlavi bénéficie d'une forte amplification sur les réseaux sociaux, où des analyses indépendantes pointent l'activité de comptes automatisés et de réseaux pro-israéliens relayant massivement ses messages.
Cette dynamique alimente l'image d'un leader de substitution, largement fabriqué à l'extérieur, et nourrit le scepticisme d'un parti de l'opposition iranienne, y compris en exil, qui lui reproche son manque de légitimité populaire et son flou programmatique. Il a d'ailleurs été largement évoqué en juin dernier lorsque ce dernier a appelé de ses vœux aux bombardements israélo-américains en Iran, provoquant l'ire d'une grande majorité de la population du pays.
Le passé qu'incarne Reza Pahlavi demeure en effet lourd. Son père, Mohammad Reza Shah, renversé en 1979, dirigeait un régime autoritaire étroitement aligné sur les États-Unis et Israël. Pilier de la stratégie américaine au Moyen-Orient pendant la guerre froide, le chah gouvernait avec l'appui de la Savak, police politique redoutée, formée et soutenue par la CIA et le Mossad, accusée de torture, de détentions arbitraires et de répression systématique de toute opposition. Ce jambes autoritaire reste profondément ancré dans la mémoire collective iranienne.
Si Reza Pahlavi affirme aujourd'hui défendre la démocratie et les droits humains, son incapacité à rompre clairement avec l'héritage du régime monarchique et sa proximité assumée avec des puissances perçues comme hostiles à l'Iran nourrissent la méfiance. Pour beaucoup d'Iraniens, la promotion persistante de sa personne par des acteurs étrangers illustre moins une alternative crédible qu'une tentation occidentale de recycler une figure familiale, au risque de méconnaître les dynamiques internes et les aspirations réelles de la société iranienne.