Vente de LMB Aerospace à Loar Group : un revers pour la réindustrialisation française

Vente de LMB Aerospace à Loar Group : un revers pour la réindustrialisation française© Wiki commons
Le Rafale, avion de chasse français, dont LMB Aerospace fournit des composants essentiels. [Photo d'illustration]
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La cession de LMB Aerospace, spécialiste français des ventilateurs pour l’aéronautique et la défense, au groupe américain Loar Group pour 367 millions d’euros, validée fin 2025 par Bercy malgré les réserves de la DGA, symbolise un échec de la stratégie de réindustrialisation et de souveraineté nationale prônée par le gouvernement.

Selon le ministère français des Armées, le rachat de LMB Aerospace par l’américain Loar Group entre en phase de contrôle. Cette opération, révélée le 28 janvier par La Lettre et confirmée par le ministère de l’Économie, met en lumière les tensions autour de la protection des actifs stratégiques français.

Malgré les assurances d’un contrôle via une action de préférence, la vente suscite une vive polémique, illustrant les limites de la réindustrialisation face aux investissements étrangers.

Polémique politique et interrogations stratégiques

LMB Aerospace, implantée à Malemort-sur-Corrèze et employant 75 personnes, fournit des composants essentiels pour le Rafale de Dassault, les sous-marins nucléaires, les hélicoptères Tigre, le char Leclerc et le porte-avions Charles-de-Gaulle.

Ancienne division d’Honeywell, rachetée par des fonds français en 2012, elle repasse sous pavillon américain après un accord autorisé par Roland Lescure, ministre de l’Économie, contre l’avis initial de la Direction générale de l’armement (DGA). Bercy justifie cette décision par des conditions strictes : maintien des activités en France, modernisation industrielle et une « golden share » permettant à l’État de bloquer toute décision stratégique, via l’Agence des participations de l’État (APE).

« Les services de l’État assureront un suivi rapproché et dans la durée du respect de l’ensemble de ces conditions par le groupe Loar », assure le ministère, rappelant les sanctions possibles en cas de manquement, jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires.

Cette vente intervient dans un contexte de tensions géopolitiques, avec la guerre en Ukraine et l’imprévisibilité de Donald Trump, amplifiant les craintes sur la souveraineté.

Les oppositions dénoncent une « grande braderie » des fleurons industriels. Et pour cause, de nombreuses entreprises stratégiques françaises ont été vendues, notamment dans le secteur pharmaceutique, ces dernières années, comme l’ont rappelé de nombreux internautes.

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, interroge le ministre de l’Économie sur le réseau social X : « Pourquoi autorisez-vous la vente d’un fleuron français de la défense à un groupe américain malgré les réticences de la Direction générale de l’armement ? »

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, a déclaré sur le même réseau : « Un gouvernement “insoumis” vérifiera toutes les autorisations de cette nature et saisira autant que nécessaire la Cour de justice de la République pour ce genre de cession plus que discutable à l’adversaire américain. »

À droite également, le sénateur LR Cédric Perrin déplore : « Une fois de plus, c’est une partie de notre souveraineté et une entreprise française qui disparaît. »

Ces réactions soulignent les contradictions entre les discours sur la réindustrialisation et les pratiques, alors que Bercy a autorisé 182 investissements étrangers en 2024, dont 54 % avec conditions.

Loar Group, qui prévoit 60 millions de dollars de chiffre d’affaires pour LMB en 2026, intègre ainsi un acteur clef, mais les garanties suffiront-elles à préserver l’indépendance technologique française ?

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