Ceuta : l’Espagne enquête sur la présence de militaires marocains parmi les migrants
© Bernat Armangue Source: APLa police espagnole affirme avoir identifié plusieurs militaires marocains parmi les migrants évacués de la plage d’El Trampolín, à Ceuta. Selon des sources policières citées par ABC, ces hommes ont reconnu appartenir à l’armée marocaine et déclaré avoir déserté, en invoquant la crainte de représailles s’ils retournaient au Maroc.
La police espagnole a identifié plusieurs ressortissants marocains se présentant comme d’anciens militaires parmi les migrants installés sur la plage d’El Trampolín, à Ceuta, selon des sources policières citées par le quotidien espagnol ABC le 7 octobre.
Lors de leur évacuation, ces hommes auraient reconnu appartenir à l’armée marocaine tout en affirmant avoir déserté et ne pas vouloir retourner au Maroc par crainte de représailles. Les policiers espagnols auraient toutefois accueilli cette version avec prudence, certains envisageant aussi qu’ils aient quitté leur pays après avoir été repérés ou après l’échec d’une mission.
Les agents ont relevé que nombre d’entre eux utilisaient des équipements militaires, notamment des sacs de couchage et des gourdes de l’armée marocaine. Des policiers ont indiqué avoir observé chez certains migrants un comportement qu’ils jugeaient particulier, comme l’attention portée aux équipements et aux méthodes employées par les forces espagnoles. Plusieurs disposaient par ailleurs de téléphones mobiles leur permettant de communiquer entre eux.
Plus de 3000 personnes évacuées
L’opération menée à El Trampolín visait à libérer un site où plus de 3 000 personnes auraient été regroupées depuis les arrivées massives enregistrées à Ceuta les 30 et 31 juillet.
Près de 300 policiers des unités antiémeutes espagnoles ont participé à l’opération, avec l’appui de la Guardia Civil et des forces armées. Les migrants ont été regroupés puis transportés en autobus vers une zone située à proximité de la frontière avec le Maroc.
Selon ABC, une partie d’entre eux a ensuite été informée de sa situation et invitée à choisir entre un retour au Maroc et un maintien à Ceuta dans l’attente du traitement de son dossier administratif et, le cas échéant, d’une procédure d’éloignement.
Les opérations des derniers jours auraient débouché sur le retour volontaire d’au moins 1 100 personnes, contribuant à réduire la pression sur la ville autonome espagnole.
Les unités de prévention et de réaction de différentes villes espagnoles sont venues renforcer le dispositif. Elles ont assuré le transfert des migrants vers la frontière puis vers le Centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) d’El Tarajal, où sont effectués l’accueil initial, l’assistance médicale, l’identification et les premières démarches administratives.
Des mineurs toujours recherchés
Les autorités espagnoles cherchent parallèlement à identifier les mineurs qui se trouvent encore dans les rues de Ceuta. D’après les informations rapportées par ABC, plusieurs groupes de migrants se seraient dissimulés dans des zones rocheuses afin d’échapper aux contrôles.
La police envisage que certains cherchent ainsi à éviter une procédure administrative en raison d’éventuels antécédents ou d’ordres d’éloignement, mais cette hypothèse n’est pas établie pour l’ensemble des personnes concernées.
Les autorités s’intéressent aussi aux logements surnommés pisos-patera, où des migrants seraient hébergés en grand nombre dans le quartier d’El Príncipe. Selon la police, plus d’une dizaine de personnes pourraient tirer profit de ce système.
Les enquêteurs cherchent à retrouver les organisateurs de ces réseaux, tout en contrôlant l’identité des occupants. Certaines organisations proposeraient aux migrants de rejoindre la péninsule espagnole par bateau, moyennant des sommes pouvant aller de 6 000 à 8 000 euros, indique le quotidien espagnol.
La Guardia Civil et la Policía Nacional poursuivent leurs opérations contre ces réseaux présumés, dans un contexte de forte pression migratoire à Ceuta.