Migration clandestine : l'Algérie intensifie la lutte contre les passeurs
© Compte X @Algeria3NewLe ministre algérien de l'Intérieur, Saïd Sayoud, a présidé le 16 août une réunion pour renforcer la coordination des services et cibler les réseaux de passeurs le long du littoral algérien, afin de réduire les traversées irrégulières vers l'Europe.
En Algérie, les autorités renforcent la lutte contre l'émigration irrégulière dans un contexte régional tendu.
Le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, a fixé ce dimanche des objectifs clairs pour muscler la lutte contre l’émigration clandestine en ciblant notamment les réseaux de passeurs.https://t.co/0Lj7a2PvzHpic.twitter.com/eqyCw5A2dG
— TSA Algérie (@TSAlgerie) August 16, 2026
Le 16 août, Saïd Sayoud, ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, a présidé au Palais du Gouvernement une réunion de coordination consacrée à ce phénomène. La priorité est claire : renforcer la surveillance des côtes et s'attaquer directement aux organisateurs des départs.
Agir avant le départ
Le ministre a appelé les services à « renforcer la coordination [...] et intensifier les efforts pour lutter contre ce phénomène, notamment le long du littoral pendant la saison estivale ». Il a également exigé un suivi continu du dossier et des mesures pour empêcher les différentes formes d'organisation des traversées clandestines. Les réseaux de passeurs sont désormais placés au cœur du dispositif.
La pression migratoire reste forte. Selon Frontex, environ 5 200 franchissements irréguliers ont été détectés sur la route de Méditerranée occidentale au cours des quatre premiers mois de 2026, soit une hausse de 50 % sur un an. L'agence européenne indique que l'Algérie reste le principal pays de départ sur cet itinéraire.
Derrière ces chiffres, les enquêteurs s'intéressent surtout aux organisations criminelles et aux passeurs parfois soutenus par des ONG de gauche comme en France.
Le 8 juillet, la police espagnole a annoncé le démantèlement d'un réseau transnational présent notamment en Algérie, en Espagne, en France, en Belgique et au Maroc.
Plus de 400 migrants auraient été transportés, pour un bénéfice proche de quatre millions d'euros, avec des tarifs allant de 8 000 à 10 000 euros par personne.
Cette enquête avait été déclenchée après un naufrage en 2022 dans lequel douze personnes avaient disparu. Pour Alger, l'enjeu consiste désormais à identifier les maillons de la chaîne – recrutement, collecte d'argent, préparation des bateaux – avant le départ, afin d'empêcher les réseaux de se réorganiser face au renforcement des contrôles, et s'éviter une crise migratoire semblable à celle vécue par le Maroc avec l'enclave de Ceuta.