RDC : des otages détenus par les ADF retrouvent leur communauté sur fond d’intensification des opérations de l’armée congolaise
© RuptlyDes otages libérés des mains des rebelles de l’ADF livrent des témoignages sur leur captivité après avoir enfin retrouvé leur communauté dans l’est de la RDC.
Il aura fallu plusieurs mois de captivité et l’offensive de l’armée congolaise pour que les cinq femmes et six hommes retenus en otages par le groupe armé ADF (affilié à Daech) puissent enfin retrouver leur communauté dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le 9 août, selon un reportage de Ruptly. Les troupes congolaises multiplient actuellement les opérations contre le groupe armé, originaire de l’Ouganda, après son attaque meurtrière à Banana École, survenue le 8 août, qui a coûté la vie à 13 civils congolais.
Enlevée alors qu’elle travaillait dans son champ
Face à la caméra, l’ancienne otage Masika Muhasa Feza a déclaré qu’elle avait été enlevée par les combattants de l’ADF à Sabasaba, alors qu’elle travaillait dans son champ. Elle a été forcée de transporter le butin du groupe armé avec la promesse d’être libérée après la traversée du fleuve Ituri. « Mais nous avons continué à marcher pendant plusieurs jours sans nous arrêter », a-t-elle déploré. L’enfant de Masika Muhasa Feza, qui avait également été enlevé, a été gardé en otage dans la brousse, déclare sa mère, avant d’ajouter : « ils nous ont dit que les enfants seraient libérés une fois leur formation islamique terminée ».
« C’est déjà une bénédiction d’aller aux champs et d’en revenir vivants »
Catherine Amabunyambya, une autre habitante de la région, a indiqué que la crainte des attaques des rebelles de l’ADF instille la peur de se rendre aux champs pour travailler : « C'est déjà une bénédiction d’aller aux champs et d’en revenir vivants », a-t-elle affirmé. « Nous souffrons car ils enlèvent nos enfants, et nous ignorons s’ils sont encore en vie ou morts. C'est déchirant de perdre un enfant dans de telles circonstances », a-t-elle confié.
Adressant un cri de détresse aux autorités, Catherine Amabunyambya a déploré un village « presque désert à cause des attaques rebelles », indiquant que les habitants, contraints à la fuite, « vivent dans d’extrêmes difficultés ». Appelant le gouvernement à instaurer la paix pour que les habitants puissent retrouver leur village et leur vie d’avant, elle a conclu son témoignage par cette note d’espoir : « Toute guerre a une fin ».
Il convient de noter que le conflit meurtrier dans l’est de la RDC, qui se poursuit depuis des années, est à l’origine de centaines de prises d’otage, de dizaines de milliers de tués et de millions de déplacés. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les personnes déplacées dans cette région pourraient atteindre 9 millions d’ici fin 2026, dans une région très riche en minerais stratégiques.